Kvod ha- Rav,
Je suis très perturbé car j’ai perdu mon grand père il y a plus d’un mois et des attitudes me semblent pour le moins tordues!!
Je vous explique, mon grand-père z »l est niftar avant pessah, l’enterrement a eu lieu le vendredi après midi le 5 nissan erev chabath hagadol.
La chiva’, les sept jours ont bien été respectés et lors de l’enterrement, le rabbin a dit la même chose que ce qu’il est écrit à peu près partout à savoir que les sept jours seront bien respectés, mais tout de suite après veitn yom tov pessah et cela annule les chlochim.
Peu de temps après, trois rabbins ont été consultés pour savoir s’il convient ou pas de faire les chlochim, et là s’en est suivi tout un cinéma sur les minhaguim, tout un cirque qui a aboutit à quatre avis différents!!!!!!!!!
J’ai donc deux questions :
-si les sept jours ont été respectés et que s’en est suivi yom tov la famille devait-elle faire les chlochim ?
(si cela peut aider mon grand père z »l était originaire de Tunis), il me semble que le ganzfried avec le yossef daat dit que non, le ben ich hai dit que non, le yalkout yossef dit que non, le rabbon de la hevra kadicha dit que non, … et trois « rabbins » donnent leur avis tordu, qu’en est-il ?!!!
– si le minhag existe c’est pour maintenir la loi, pour maintenir la paix au sein du ‘am Ysrael, si les rabbins disent qu’il faut suivre le minhag du père c’est normal d’accord, mais la loi n’est-elle pas là pour nous unir et ne peut-on pas laisser les supposés minhaguims au placard ?
(essentiellement des affaires de couscous et de lourdeurs pour provoquer des disputes vous connaissez ce cinéma j’en suis sur)
Yossef Karo est notre maître, yalkout yossef semble nous unir voilà tout, pourquoi ces minhaguims tiennent encore alors que le maroc, la tunisie, l’algérie c’est fini tout ça, nous avons retrouvé notre vrai pays!!
Bref, merci de me donner une vraie réponse digne de vous pas une réponse du type « sois cool mon fils et tout ira bien » svp!!!!
Réponse du Rav Ron Chaya :
Chalom,
Au niveau de la halakha, je ne vois pas d’équivoque.
La halakha est claire.
Si votre grand-père za’’l a été enterré le 5 Nissan et que vous avez commencé à ce moment là, la Avélout, lorsque rentre la fête de Pessa’h le deuil des 30 s’arrête pour tous les endeuillés excepté les fils et filles du défunt.
Donc les endeuillés (à part les fils et filles du défunt) peuvent la veille de Pessa’h, se couper les cheveux.
Par contre les fils et filles du défunt ne pourront pas le faire et devront donc compter 30 jours depuis l’enterrement – et la coutume est d’attendre 31 jours – pour pouvoir se couper les cheveux et se raser.
Il faudra aussi qu’auparavant quelqu’un leur fasse la remarque que le temps est venu pour eux de se couper les cheveux.
Dans les cas spéciaux –par exemple si le 30eme jour tombe un vendredi, on pourra autoriser à se couper les cheveux / se raser pendant le 30eme jour. (J’ai écrit cela sur les bases du livre ‘Hayim vaHessed du rav Shmuel Pin’hassi pp. 265-266-316-320).
Le rav Yts’hak Yossef dans son livre Yalkout Yossef sur Avélout (p.678) écrit qu’en cas de grande nécessité on peut autoriser au fils du défunt de se raser la barbe la veille de la fête, après leur avoir fait la remarque, mais cela n’est pas autorisé pour la coupe des cheveux.
Il est écrit cependant qu’à l’étranger, si il n’y a pas de coutumes obligeant à attendre 30 jours pour se couper les cheveux, on peut les couper déjà avant.
J’imagine donc que ce qui s’est passé dans votre famille est le débat s’il faut suivre la Halakha comme en Israël ou comme à l’étranger.
Quand j’ai posé la question, en général, au rav Ben Tsion Aba Chaoul zatsa’l, il y a une 30aine d’années, il m’a répondu que c’était une question difficile, c’est-à-dire dont la réponse est difficile à accepter.
En effet, après avoir insisté pour qu’il me réponde, il m’a dit qu’il était mieux de faire la Halakha comme la coutume d’Israël mais que pour les personnes qui ont leurs propres coutumes de l’étranger cela est très dur à accepter.
On peut comprendre que cela a créé des divergences d’opinion, d’autant plus que cet avis du rav Ben Tsion zatsa’l (qui est aussi celui du rav Ovadia Yossef zatsa’l) ne fait lui-même pas l’unanimité, certains affirment que même en Israël, chacun doit continuer avec les coutumes que sa communauté pratiquait à l’étranger.
Au revoir,
Rav Ron Chaya
La halakha est claire.
Il faudra aussi qu’auparavant quelqu’un leur fasse la remarque que le temps est venu pour eux de se couper les cheveux.
Il est écrit cependant qu’à l’étranger, si il n’y a pas de coutumes obligeant à attendre 30 jours pour se couper les cheveux, on peut les couper déjà avant.
Quand j’ai posé la question, en général, au rav Ben Tsion Aba Chaoul zatsa’l, il y a une 30aine d’années, il m’a répondu que c’était une question difficile, c’est-à-dire dont la réponse est difficile à accepter.
En effet, après avoir insisté pour qu’il me réponde, il m’a dit qu’il était mieux de faire la Halakha comme la coutume d’Israël mais que pour les personnes qui ont leurs propres coutumes de l’étranger cela est très dur à accepter.
On peut comprendre que cela a créé des divergences d’opinion, d’autant plus que cet avis du rav Ben Tsion zatsa’l (qui est aussi celui du rav Ovadia Yossef zatsa’l) ne fait lui-même pas l’unanimité, certains affirment que même en Israël, chacun doit continuer avec les coutumes que sa communauté pratiquait à l’étranger.
Rav Ron Chaya
Référence Leava : 65927
Date de création : 2015-05-05 08:16:39

