Comment faire téchouva totalement quand on ne faisait rien avant ? Est-il nécessaire d’avoir peur pour y arriver ?

Bonjour Rav,
Chana tova à vous et vos proches.
Qu’Hachem vous couvre de brahot pour cette nouvelle année et que vous soyez inscrits dans le livre de la vie.

Je me permets de vous poser deux petites questions, avec votre permission.

  1. J’écoute attentivement pas mal de vos chiourim et il y a une chose qui revient souvent, c’est le fait que l’on n’est pas tous des « super tsadikim » et qu’Hachem attend de nous, non pas que nous fassions tout d’un coup, mais que l’on s’améliore, step by step.

    Vous vantez également les atouts surpuissants de la prière.
    J’ai écouté des si’hot du Rav Amnon Itshak pour ne pas le citer, qui dit que l’on doit « TOUT » faire quand on fait Téchouva et non pas faire une Tchouva « partielle ».
    Il cite souvent Rabbenou Yona.
    Il fait faire Tchouva à pas mal de monde apparemment, ce qui est très bien, mais de manière générale son approche est ainsi plutôt une approche « par la peur ».

    Son argumentaire est de dire en gros qu’Hachem envoie des Tsarot lorsqu’on ne respecte pas tous Ses commandements.

    Concernant la prière, quand on lui en parle, il a tendance à « minimiser » son impact – façon de parler, bien sûr – rétorquant que la prière n’est qu’une chose parmi tant d’autres.

  2. Je ne suis pas certain que l’approche par la peur soit la meilleure et je pense qu’elle ne convient pas à tout le monde.
    Je pense même que dans certains cas cela peut rebuter des gens et leur faire complètement rater leur Tchouva…

    Je pense qu’au contraire une démarche d’amour envers Hachem est beaucoup plus prolifique.
    J’aimerais s’il vous plait avoir votre avis sur mon mail.

    Je précise que je n’incrimine pas Rav Amnon Itshak qui a certainement beaucoup de mérite.
    L’idée est simplement de comprendre un peu les différents points de vue, car nous, public, sommes parfois un peu perdus..

    Encore un point et qui va assez dans le sens de mon mail, j’ai écouté un tierce Rav (son nom m’échappe) sur Torah Box, qui rapportait au nom de Rav Israël de Salant si je ne me trompe pas, que l’on doit carrément corriger les averots qui nous paraissent « petites » car elles sont simples à corriger (et l’on sait que les averot qui nous paraissent « grandes » on risque fort de retomber car plus difficiles à éviter), voire même corriger uniquement une seule chose mais bien, et que l’on est appelé Tsadik dès lors…?

Je vous remercie par avance et Tsom Kal, Gmar Hatima tova.

Cordialement

 

Réponse du Rav Ron Chaya : 

Chalom,
J’espère que yom kippour s’est passé pour toi pour le mieux.

Voici les réponses à tes questions :

  1. J’imagine que lorsque le Rav Amnon Its’hak dit que l’on doit faire téchouva sur tout, il entend qu’il est bien sûr préférable de faire téchouva sur tout et que l’on a un ordre de téchouva sur tous les points, mais j’imagine qu’il comprend bien que nous ne sommes pas des crêpes et nous ne pouvons pas changer du jour au lendemain du tout au tout.
  2. Concernant l’approche par la peur, le but est d’être le plus performant possible.
    Une approche uniquement par la peur n’est pas bonne, une autre uniquement par amour n’est pas bonne non plus car elle sera forcément moins efficace qu’une approche par la combinaison des deux.

    Chacun en fonction de son caractère a besoin d’un pourcentage de chaque approche dans des proportions différentes.
    Chacun sera donc plus motivé par un plus grand pourcentage de téchouva par peur ou par amour.
    Il est vrai qu’aujourd’hui, la majorité des gens ont besoin de davantage d’amour que de peur mais cette dernière est aussi nécessaire, sans quoi, on risque de tomber dans l’indifférence.

    Concernant l’appellation du Tsadik, on peut être là aussi un grand Tsadik ou un petit Tsadik.
    Une personne qui a corrigé un de ses péchés est appelée Tsadik sur ce point mais ne peut être appelée Tsadik en général.
    Néanmoins, le Rachach, Rabbi Chalom Charabi Zatsal, un des plus grands Mékoubalim vivant il y a deux-trois siècles, écrit que celui qui prend sur lui de changer une chose avant la sonnerie du chofar est déjà inscrit dans le livre des Tsadikim.

‘Hag Saméa’h

Au revoir,
Rav Ron Chaya

 

Référence Leava : 78292
Date de création : 2017-10-02 09:23:18