Je veux apprendre et pratiquer, le passage par la yéchiva est-il obligatoire ?

Chalom Rav !
Merci pour toutes vos réponses et votre travail…
Baroukh Hachem, cela fait plaisir.

Mes questions :

  1. Si je veux être pratiquant dans TOUS les sens du terme, je dois pratiquer tout ce qui est commandé par Hachem dans la Torah (les mitzvot), et donc implicitement et explicitement l’étude de la Torah.

    Pour cela, faut-il absolument aller dans une Yechiva (si oui, combien de temps) ou regarder vos cours (par exemple) et lire des livres seuls est-il suffisant ?
    Car quand on commence l’étude, on ne finit jamais, il y a tellement de choses à connaître !
    Où est la fin??

  2. Dans Qohelet 1,18, on nous parle de la ‘Hokhma et de la Da’at…
    Cette science et cette sagesse, sont-elles celles qui découlent de l’étude de la Torah ou est-ce autre chose ?

    Si c’est de la Torah dont il s’agit, pourquoi plus de sagesse augmente le chagrin et plus de science augmente la peine ?
    Y a-t-il ici seulement un sens « ésotérique » ?
    Je sais que Neviim et Ketouvim n’ont pas la même valeur que le Houmach, mais leur enseignement reste important.
    Comment comprendre Qohelet 1,18 donc ?

  3. Ma dernière question SVP Rav:
    Que faut-il penser des courants libéraux et conservateurs par rapport à l’orthodoxie concernant l’étude de la Torah ?
    Puis-je participer à l’étude d’une paracha dans une synagogue massortit à titre d’exemple et en tirer un BON enseignement ? 

Merci Rav pour le temps que vous m’accorderez
Jonathan

 

Réponse du Rav Ron Chaya : 

Chalom Jonathan,

  1. On peut étudier la Torah toute sa vie sans jamais avoir été en Yéchiva mais il est clair qu’il n’y a aucune comparaison entre l’étude de la Torah qu’on fera après avoir fait temps dans une Yéchiva que celle qu’on fera si on n’a pas eu l’expérience de la Yéchiva.

    A quoi cela ressemble ?
    A un médecin qui a appris la médecine sur internet et à un autre qui a fait ses nombreuses années de médecine avec l’internat, les stages, etc…

    C’est exactement la même chose, si on veut vraiment connaître la Torah dans toutes ses finesses et sa profondeur, il faut la recevoir de ceux qui l’ont reçue des grands de la Torah qui l’ont eux-mêmes reçue des grands de la Torah des générations passées et ainsi jusqu’à Moché Rabbénou.

    La Torah est une Torah chébé’al pé, c’est-à-dire orale.
    Bien que le texte soit écrit, néanmoins la méthode d’étude optimale n’est écrite nulle part, elle ne peut que se transmettre oralement. Il est vrai que l’étude de la Torah n’a pas de fin mais on doit se poser au moins comme niveau minimal celui d’être autonome dans la lecture d’une page de Guémara.
    Sans cela, on est vraiment limité toute sa vie dans l’étude de la Torah.

  2. A propos de Kohélet (1,18), effectivement la ‘hokhma et le da’at dont parle le texte sont la science et la sagesse qui découlent de l’étude de la Torah, mais le sens de ce verset reste opaque si on n’a pas recours au targoum, la traduction en araméen qu’a faite Rabbi Yonathan ben Ouziel sur le livre de Kohélet il y a plus de 2000 ans.

    D’après le targoum, la première partie du verset a le sens suivant :

    Plus une personne a de la sagesse plus s’il fait des péchés et ne fait pas téchouva, il engendre la colère divine (d’après une autre explication, il engendre sa propre colère lorsqu’il verra quelqu’un se comporter mal, car étant un sage, il connaît les conséquences négatives des péchés que les gens font).

    Le sens de la fin du verset d’après le targoum est le suivant :

    Et celui qui augmente la connaissance, il s’agit d’un enfant qui était très doué et qui aurait pu beaucoup beaucoup grandir en Torah et qui est mort jeune.
    La douleur que cela provoque à son entourage proche sera plus grande par le fait que cet enfant pouvait devenir un des grands talmidé ‘hakhamim du peuple d’Israël.

  3. A propos des courants libéraux et conservateurs par rapport à l’orthodoxie :

    Il ne faut absolument pas fréquenter ces courants qui sont les plus grands ennemis du peuple d’Israël, c’est par le biais de courant pareil que l’assimilation bat son plein.
    Dans cette mesure ce sont des grands ennemis d’Israël, pas question d’aller écouter des cours chez eux, même de rentrer dans leur « synagogue ».

    Sache que d’après la halakha, on n’a pas le droit de regarder le visage d’un homme qui est un racha, or c’est certainement le cas des cadres de ces mouvements.
    Alors comment dès lors aller écouter un de leurs cours ?!

Au revoir,
Rav Ron Chaya

 

Référence Leava : 24567
Date de création : 2013-06-05 16:06:15